Le Premier ministre a évoqué le 15 février l’éventuelle mise place de «contreparties» aux aides sociales en France. Un dossier qu’il a lui-même qualifié d’explosif, mais qu’il juge nécessaire d’ouvrir afin de résoudre la question du chômage.

En déplacement le 15 février dans le Finistère, Edouard Philippe s’est dit favorable à la mise en place de «contreparties» aux aides sociales en France. Le Premier ministre a également déploré les difficultés de recrutement malgré un chômage élevé, lors d’une réunion avec des élus locaux et des dirigeants de PME à Plomordiern, petit bourg breton, dans le cadre du grand débat.

«Moi, ma conviction personnelle c’est que compte tenu de l’importance de nos mécanismes de solidarité, compte tenu de nos finances publiques, compte tenu de la situation d’un pays qui est en croissance mais qui reste avec un taux de chômage élevé, il faut qu’on s’interroge sur ces contreparties, il faut que l’on regarde ce qu’on peut réfléchir avec nos concitoyens comme contrepartie au versement obligatoire», a déclaré le chef du gouvernement.

Lors de cette réunion, il a été interrogé à de nombreuses reprises sur les difficultés de recrutement, sur les cas de refus de CDI ou sur l’incitation financière jugée trop faible à travailler.

«C’est indispensable d’avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, il ne s’agit pas de revenir en arrière, il s’agit de s’interroger sur ‘est-ce que cette solidarité elle peut s’accompagner de contreparties, d’activités, d’activités d’intérêt général’?», a déclaré Edouard Philippe.

«Qu’est-ce qu’on demande à ceux qui bénéficient de la solidarité, est-ce qu’on demande quelque chose, et si oui, quoi ? A mon sens c’est une vraie belle question politique, c’est pas de la mécanique, c’est pas de la tuyauterie», a-t-il estimé lors de ce débat, où il était accompagné du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), député de la circonscription.


« C’est un vrai scandale français »

Pour souligner le caractère «explosif» de cette question, Edouard Philippe a rappelé l’initiative polémique du conseil départemental du Haut-Rhin, qui demandait aux allocataires du RSA de faire sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir privés de l’allocation. Quant aux difficultés de recrutement malgré un taux de chômage officiel qui reste proche des 9%, Edouard Philippe a évoqué un «énorme problème» qui est «très inquiétant pour la suite».



«Je ne crois pas qu’on puisse durablement vivre dans un monde très compétitif avec 3 millions de chômeurs d’un côté et des entreprises qui n’arrivent pas à recruter», a-t-il plaidé. Une étude publiée en 2017 par Pôle emploi évalue à entre 200 000 et 330 000 les offres dites «non pourvues» sur la base des offres de 2016. Parmi elles, 150 000 recrutements «abandonnés faute de candidat adéquat».

Les difficultés de recrutement sont un thème récurrent, aussi présent sous les quinquennats précédents : Nicolas Sarkozy parlait «d’un demi-million d’emplois non pourvus» pendant la campagne électorale de 2012, et François Hollande avait lancé un plan pour former les chômeurs.

«C’est un vrai scandale français d’une certaine façon, une spécificité dont on se passerait bien et il faut qu’on la règle», a souligné Edouard Philippe, alors que syndicats et patronat ont jusqu’à la fin février pour parvenir à un accord sur une réforme de l’assurance-chômage. Si le mouvement des Gilets jaunes a fait émerger une demande claire de pouvoir d’achat de la part des classes populaires et moyennes, il a aussi donné lieu à un débat sur le niveau des bas salaires et des allocations sociales.

Source : RT France



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