Deux agents logisticiens qui travaillaient sur le site d’Amazon Lil1, à Lauwin-Planque, ont été licenciés pour « faute grave ». La direction leur reproche d’avoir dénigré publiquement leur entreprise fin 2018 sur les réseaux sociaux.

L’information nous a été confirmée par la direction d’Amazon. Le géant du e-commerce vient de licencier début janvier deux salariés de son site de Lil1 à qui il reproche d’avoir appelé, sur leur profil Facebook, au blocage de l’entreprise en fin d’année dernière. À l’époque, plusieurs opérations de blocage de camions avaient été organisées par des Gilets jaunes, et à l’appel des syndicats SUD et CGT, un mouvement de grève était également intervenu le 23 novembre.

C’est dans ce contexte tendu que Marc(1), l’un des deux agents d’exploitation licenciés, reconnaît avoir appelé à « du renfort » le 23 et au « soutien des Gilets jaunes et des routiers » la veille (2). « C’était juste deux phrases écrites au moment de la grève, dit-il. Jamais j’aurais pensé que ça prendrait des proportions pareilles. Oui j’ai mis ça sur Facebook, mais de là à être licencié. C’est pas une faute grave, ça… Soit il y a eu un mouchard, soit on est pisté sur les réseaux. Si on peut plus s’exprimer, ça devient grave. »

« Un manquement grave à leur obligation de loyauté et une envie manifeste de dénigrer et de porter préjudice à l’entreprise. »

La direction de l’entreprise, qui confie que les tentatives de blocage « n’ont pas eu d’impact majeur » sur l’activité du site, affirme « respecter le droit des salariés à faire entendre leur voix », mais dans le strict respect de la loi. Loi qui, à ses yeux, a été enfreinte par ses deux anciens collaborateurs. « Le mouvement des Gilets jaunes n’est pas lié à Amazon et chacun de nos salariés est libre de participer ou d’exprimer son soutien à un mouvement, quel qu’il soit, à la condition de ne pas enfreindre la loi ni les termes de leurs obligations contractuelles. »


La direction dément épier ses salariés, mais considère qu’à partir du moment où les agents se sont prononcés « publiquement en leur nom » en faveur du blocage des entrepôts, ils ont fait preuve d’un « manquement grave à leur obligation de loyauté » et d’une « envie manifeste de dénigrer et de porter préjudice à l’entreprise », comme le stipule la lettre de licenciement adressée à Marc. Ce dernier admet au passage que son compte Facebook était « ouvert » à l’époque des faits, c’est-à-dire accessible à tous depuis un ordinateur. Un détail qui pourrait avoir son importance si, comme il l’envisage aujourd’hui, il conteste son licenciement devant les Prud’hommes.

(1) Prénom d’emprunt.
(2) Les phrases exactes sont : « Il faut du renfort sur Amazon et des palettes les amis » et « Bonjour à tous, demain blocage d’Amazon à Lauwin-Planque, besoin de soutien des Gilets jaunes et des routiers, partager un max. »

Source : La voix du Nord


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