Christophe Dettinger, le « gilet jaune boxeur » a été condamné mercredi à 30 mois de prison dont 12 mois fermes. S’il a obtenu le droit d’être libre le jour, sous pression de la mobilisation, il dormira durant 1 ans en maison d’arrêt.

Il aura fallu moins de deux mois pour juger le boxer, une procédure rapide, surtout si on la compare au feuilleton politique qu’est devenu l’affaire Benalla, qui se la coule douce, où la moindre perquisition n’avait pas été possible avant plusieurs jours.

La différence de vitesse de traitement judiciaire entre Christophe Dettinger et Alexandre Benalla est aujourd’hui flagrante. Le « boxeur gilet jaune » qui est devenu célèbre à la suite de vidéos ou il a été filmé en train de se défendre face à la police en rendant coup pour coup, dort en prison depuis son arrestation peu après l’acte VII. Largement soutenu par les Gilets Jaunes qui continuent de demander sa libération, Christophe Dettinger a été condamné à 30 mois de prison, dont 12 mois fermes, même si sa peine est aménagée.

A l’inverse de cet exemple de célérité judiciaire et d’un tribunal décidé à faire de Christophe Dettinger un exemple dissuasif pour tous, force est de noter le laxisme dont il fait preuve dans le cas d’Alexandre Benalla. En effet, l’ancien proche de Macron se la coule douce depuis juillet dernier, alors qu’il avait lui aussi été reconnu sur des vidéos en train de se battre en manifestation.

La principale différence est qu’il portait un brassard de police (n’étant pas lui-même policier, cela constitue déjà un délit) et que ses victimes ne portaient ni armes ni armures mais était de simples passants qui s’étaient révoltés face à la violence des forces de l’ordre. On se souviendra de ces images ou Alexandre Benalla écrasait au sol un jeune homme qui était auparavant déjà immobilisé par des policiers. Christophe Castaner qui avait fustigé la « lâcheté » du gilet jaune boxeur n’a toujours pas qualifié les actes de Benalla.

C’est qu’en réalité, ce qui est reproché à Christophe Dettinger est de s’être attaqué à l’un des piliers du macronisme haletant : la police. Les juges, comme à leur habitude dans ces cas-là, ont fait preuve de sévérité. A l’inverse, Alexandre Benalla, bien qu’ayant usurpé la fonction de policier, n’a rien fait qu’un policier homologué n’aurait pas fait en termes de violences sur des manifestants. Il s’en suit naturellement que son cas est traité avec la même complaisance que les autres cas de violences policières.


Au-delà de la simple indulgence des juges vis-à-vis de Benalla, il faut aussi noter son refus de répondre aux questions des commissions parlementaires ainsi que ce qui se dégage de plus en plus comme étant une affaire d’état. En effet, à la suite de sa perquisition et de son renvoi de l’Elysée, il a tout de même pu continuer à voyager avec ses passeports diplomatiques, et comme l’a révélé Mediapart, il aurait servi d’intermédiaire dans des contrats mêlant des oligarques russes.

Malgré ce profil de barbouze et bien que sous le coup d’une instruction judiciaire, Alexandre Benalla ne dort pas en prison. Au contraire, il se détend en vacances et a été vu vendredi dernier au Lotus Club de Marrakech. Encore une fois, la différence de dureté entre ces deux dossiers n’est pas un hasard. L’un est un barbouze fonctionnel au macronisme, l’autre un symbole de rébellion chez les Gilets Jaunes. Le premier est donc en vacances au soleil quand le second dort en prison.



Source : Révolution Permanente


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