S’il perd ses indemnités d’élu bordelais, Alain Juppé va percevoir 13.300 euros environ, en plus de ses différentes pensions de retraite. Faisons le calcul.

La scène remonte à la primaire de la droite, en octobre 2016. Alain Juppé en est alors le grand favori, face à Nicolas Sarkozy et François Fillon. Invité sur le plateau de France 2, dans « l’Emission politique », le maire de Bordeaux est à l’aise. Mais une question, pourtant, l’embarrasse quelque peu :

«A quel âge avez-vous pris votre retraite, monsieur Juppé ?»

Réponse :

«A l’âge légal.»

S’en suit une explication tarabiscotée. Lui qui, dans son programme présidentiel, préconisait de reporter à 65 ans l’âge de départ en retraite, et voulait aussi aligner le régime du public sur celui du privé, a pris sa retraite à… 57 ans et demi.

Conséquence ? Alain Juppé touche depuis une quinzaine d’année une retraite d’inspecteur des finances, le corps de hauts fonctionnaires auquel il était rattaché. Montant ? 3.654 euros par mois, selon l’UMP, cité à l’époque par « Libération ».

Alain Juppé a aussi pu faire valoir ses droits à sa retraite de parlementaire. Député durant douze années (1988 – 1993 et 1997 – 2004), il peut percevoir 6.200 euros net mensuels, selon le Huffington Post.



Des pensions qu’il a pu cumuler durant une quinzaine d’années avec les indemnités de ses mandats électifs.

Cumul

En quittant Bordeaux, il renonce à son indemnité de maire : 3.694 euros brut, selon une délibération municipale votée en 2017 (ce montant est plafonné à 5.600 euros pour une ville de plus de 100.000 habitants). Il perd aussi son indemnité de président de Bordeaux Métropole, 4.935 euros, selon le registre des délibérations. Le total des indemnités d’Alain Juppé était toutefois plafonné à 8.435 euros mensuel, le maximum que peut percevoir un élu local.


Redevenu parisien, Alain Juppé ne perdra pas au change. D’une part, ses différents mandats d’élu local lui donnent droit à une nouvelle pension de retraite, d’autant plus qu’avant Bordeaux, il a été l’adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris durant 12 ans.

D’autre part, son mandat de neuf ans au Conseil constitutionnel lui assure jusqu’à ses 82 ans une indemnisation de 13.300 euros net par mois environ. Ce montant est calculé par « Capital », qui s’est fondé sur la déclaration d’intérêt de Nicole Belloubet (13.305 euros net lorsqu’elle a quitté le Conseil constitutionnel pour entrer au gouvernement, en 2017).

Peut-on connaître le montant exact de l’indemnité des « Sages » ? C’est difficile. Elle est calculé en fonction d’une formule complexe, donc peu transparente, et n’est pas affichée sur le site internet de l’institution (contacté vendredi matin pour plus de précisions, le Conseil constitutionnel n’avait pas encore répondu à nos questions en fin de journée).


Restons-en à cette approximation de 13.300 euros. La somme est conséquente. Elle est comparable aux revenus du président de la République (11.029 euros de traitement de base). Elle n’en correspond pas moins à un travail réel, surtout depuis la création des Question prioritaire de constitutionnalité (les QPC) : le Conseil constitutionnel rend ainsi 100 à 120 décisions par an.

Bureau, secrétaire, chauffeur

L’ensemble des revenus d’Alain Juppé dépassera donc les 23.000 euros, comme c’est sans doute le cas pour les autres membres du Conseil constitutionnel ayant effectué une carrière politique, à commencer par son président Laurent Fabius.


Pour faire bonne mesure, Alain Juppé a aussi droit à plusieurs avantages en tant qu’ancien Premier ministre (1995 – 1997) : un bureau, une secrétaire et une voiture avec chauffeur payés par la République.

Source : L’Obs


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